Météo France avait prévenu d’un risque de tempête en
classant notre département en orange. Là où la nature a repris ses droits, c’est la mer qui a littéralement explosé la digue de galet face à la résidence « Le Sémaphore » et a submergé
le boulevard Sizaire et d’autres rues adjacentes pendant plus de trois heures. Un présage de mauvais augure juste avant le 2nd tour des élections sur Cayeux, qui refait parler de la
défense contre la mer.
Depuis le début janvier, la digue a été renforcée par plusieurs milliers de tonnes de galets. Le dernier réapprovisionnement datait de la 2e quinzaine de février, où des camions affluaient de nouveau sur le boulevard de la mer, en apportant des galets d'une grosseur plus importante qu'habituellement sur la digue de Cayeux et principalement sur la partie résidentielle de la station balnéaire et climatique, donnant directement sur la plage de galets, une zone également fragile par le minimum de largeur de digue, moins de 15 mètres entre les habitations, et séparé par le boulevard. À l'aide d'un bulldozer, les galets avaient été tassés en formant une pente oblique, réalisant ainsi une accentuation de la digue, en hauteur et en profondeur.
Mais dans la nuit de ce lundi 10 mars, vers une heure du matin, poussés par une marée d’un coefficient de 107 (10,7 m), de forts courants et de coups de vents importants, avec des rafales à plus
de 110 km/h, la digue juste devant la résidence « Le Sémaphore » a été littéralement avalée par les vagues, qui à force de creuser la digue a laissé place à une simple plage de galet,
du même niveau que la chaussée du boulevard du Général Sizaire.
A ce moment, la mer avait atteint son plus haut coefficient presqu’une heure avant la pleine mer prévue à 1h45. Pendant plus d’une heure, les vagues n’ont cessé de passer sur cette partie,
submergeant le boulevard ainsi que les rues adjacentes. De fortes vagues sont venues pendant plus d’une heure s’écraser contre le mur de la résidence « Le Sémaphore » et à même explosé
une des portes d’entrée du bâtiment. Un véhicule, stationné sur le boulevard a du être déplacer pour éviter tous riques avec la montée des eaux. La puissance des vagues étaient tels, qu’elles ont
également défoncé des bancs et des pilonnes avec leurs lampadaires. Les galets de la digue ont envahi la chaussée et des planches du chemin se sont retrouvées sur le
boulevard.
Pendant plus de deux heures, les rues près du boulevard de la mer sont restées inondées et impraticables. Des appartements du rez-de-chaussée de la résidence ont été inondés ainsi que quelques
maisons et jardins.
Au petit matin, une fois l’eau évacuée par les égouts, le spectacle n’était que désolation, avec une digue inexistante et des dégâts sur la chaussée et le mobilier urbain.
En ce qui concerne la digue des Bas-champs, renforcée par des épis, cette dernière à résisté aux assauts de la mer, mais celle entre la partie du vieux phare et la résidence du Sémaphore a perdu
de sa largeur. L’accès à la descente aux bateaux a même été creusé laissant place à un trou et un passage inaccessible.
Vers 10 heures, les premières pelleteuses ont nettoyé le boulevard pour rendre la circulation aux véhicules, et les bulldozers ont commencé à reconstruire une digue au plus vite, avant la venue
de la nouvelle marée prévue à 14h30 avec une hauteur de 10 mètres.
Les marées vont perdre de la hauteur, avec de plus faible coefficient, ce qui permettra de regrossir le cordon de galet, en attendant les autres prochaines grandes marées du mois d’avril.
Voici les marées à venir dont le coefficient est supérieur à 9,50 mètres par rapport aux marnages (la différence de hauteur de la force de la marée entre le point le plus bas (zéro) et sa hauteur à venir (les hauteurs indiquées le sont pour les jours supérieurs à 9,50 m):
En avril: samedi 5 (maxi 9,90 m), dimanche 6 (maxi 10,70 m), lundi 7 (maxi 10,90 m), mardi 8 (maxi 10,80 m) et mercredi 9 (maxi 9,50 m).
Reportage – photos : LF. Source coefficient : Annuaires des pleines mers du SNV St-Valery.